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Les abus sexuels 

Par Régis Lamotte
Psychothérapeute, Lauris, France
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Les abus sexuels 

 

Nous aborderons ce sujet en utilisant différents thèmes répondant à la question suivante : « Que se passe-t-il chez une personne, qui a subi un abus ? » 
Nous pouvons repérer les comportements suivants :

 

  • Une dissociation entre le corps et la conscience du corps, qui bien souvent crée et génère des difficultés dans la réalité sexuelle de cette personne.

  • La difficulté de construire une image intègre de soi.

  • Certaines difficultés à définir les frontières entre ce qui est son plaisir et le plaisir de l’autre, quitte à n’en éprouver aucun, ou à contrôler le plaisir de l’autre. L’on verra qu’il a beaucoup d’acceptions.

  • Une difficulté à dire, à restituer ou à se réapproprier la parole. Bien souvent, ces personnes n’osent pas dire, à cause de la pression sociale, soit pour éviter de faire souffrir, soit pour éviter un scandale si un proche est concerné. 
    Ainsi, l’abuseur garde toujours un pouvoir sur l’abusé. 

 

Il est donc important pour elles, qu’elles puissent dire, quelles que soient les conséquences ou, tout au moins, qu’elles puissent avoir le choix de dire, même si elles décident de se taire. Qu’elles se sentent libres de pouvoir dire et ensuite, qu’elles choisissent de dire ou de ne pas dire. Bien des personnes, en consultation, après vous avoir raconter ce qu’elles ont subi terminent par : « Mais ça, je ne le dirai jamais ! ». Il est donc primordial pour le thérapeute de faire entendre à ces personnes qu’elles peuvent avoir la possibilité de dire ce qui s’est passé, tout en se gardant ensuite le choix de le faire ou non.

 

QU’APPELLE-T-ON UN ABUSEUR ?

 

Un abuseur est celui qui a autorité sur une autre personne, que ce soit un enfant, une personne handicapée ou plus faible que lui, et qui abuse de son corps, ceci de multiple manières, soit par des attouchements, soit en ayant des rapports sexuels, soit en forçant l’autre à avoir des actes sexuels sur sa propre personne.

 

Les abus sexuels génèrent chez celui ou celle qui les subit des conséquences qui peuvent être les suivantes :

 

  • Généralement, lorsqu’un enfant subit cette réalité, il n’a pas encore construit par rapport à lui-même, sa propre notion de son propre désir. 
    Lorsque nous évoluons en tant qu’être humain, tout au long de notre histoire, nous apprenons, par notre propre conscience du corps, à aller dans les limites de ce qui peut être dangereux, de ce qui peut faire souffrir, et au fur et à mesure, nous apprenons à gérer notre désir, à en voir les risques et les dangers. Ce qui nous permet de créer, à l’intérieur de nous-mêmes, psychologiquement et physiologiquement, des limites, des cadres, et ceci pour éviter toute atteinte à notre propre intégrité physique ou morale.

  • Lorsqu’un enfant se développe, il crée, au fur et à mesure, des cadres de limites. Il en reçoit également de l’extérieur, parce que l’adulte sait que l’enfant ne sait pas le danger qu’il risque, et donc puisqu’il ne le sait pas, il est important de lui donner cadres et limites jusqu’à ce qu’il ait appris, dans le cadre de ses propres limites, le risque qu’il y a. Ensuite, il peut continuer à évoluer et repousser les cadres et les limites qui vont être ceux de son apprentissage. 

  • QUE SE PASSE-T-IL LORQU’UN ADULTE INTERVIENT 
    DANS LA REALITE SEXUELLE D’UN ENFANT ?


    Cet adulte intervient sur un enfant, qui n’a pas encore construit son désir de la réalité sexuelle de l’autre. 

    Un enfant, qui se développe « normalement », va aborder sa propre sexualité d’une manière progressive. Il va d’abord connaître son propre désir, par le plaisir solitaire et autres, et au fur et à mesure, il va construire les limites de son propre désir. Il va connaître que son désir est d’abord par rapport à lui-même : le désir de se satisfaire. Ensuite, il passera dans le désir de se satisfaire avec quelqu’un d’autre. Il y a là bien sûr, des étapes suivies d’étapes qui iront jusqu’à la satisfaction dans la relation avec quelqu’un d’autre. Ceci commence à la pré adolescence, à l’adolescence et ensuite à l’âge pré adulte où alors, effectivement, la relation avec d’autres pourra procurer du plaisir. 

    Si dans les espaces « psychologiques » qu’il se construit avant, dans l’adolescence, dans la pré-adolescence, voire dans l’enfance, quelqu’un d’autre intervient dans son territoire physique et psychologique, il n’aura pas encore la maturité de pouvoir gérer la relation sexuelle. Il en sera alors, simplement, à gérer la relation verbale, à apprendre les codes de communication. Il ne sera pas encore dans la disponibilité de la conscience de son corps. Il ne pourra donc pas gérer une relation sexuelle.

    Plusieurs options se présentent à cet l’enfant :

  • - Généralement et malheureusement, les abuseurs sont souvent des proches avec lesquels l’enfant entretient une relation affective. Il ne saura donc pas dire « non ». Il ne connaît pas encore ses propres limites ni les limites de son désir dans cet espace-là. Il n’a pas encore suffisamment expérimenté sa propre sexualité pour savoir ce qui est agréable ou désagréable pour lui. À partir de ce moment-là, l’adulte qui intervient dans cette réalité, fait en sorte que l’enfant accepte une réalité, que celui-ci ne peut pas intégrer dans sa psychologie, qu’il ne peut donc pas inclure dans sa propre expérience. Lorsqu’un enfant fait une expérience douloureuse, qui est prévue, comme de tomber et de peut-être se faire mal, il peut inclure cette réalité-là dans son expérience. On pourrait dire qu’il avait, en quelque sorte, l’intention de faire cette expérience. Tandis que dans le cadre d’un abus, il subit l’expérience. C’est la raison pour laquelle, il ne peut pas l’inclure. 

    C’est alors que va se passer à ce moment-là, un phénomène classique en psychologie. Cet enfant va générer une dissociation. Puisqu’il ne peut pas inclure cette expérience, il sera obligé psychologiquement de se dissocier d’elle. 

    Tout comme pour les enfants ayant subi des violences extrêmes, liées à des combats, à des blessures par armes, en temps de conflits ou de guerres, et qui ne peuvent pas inclure cette expérience dans leur réalité - ils n’ont pas la préparation psychologique pour vivre cette expérience et donc, ils n’en comprennent pas le sens. Il s’agit du même phénomène lorsqu’un enfant est abusé, il ne peut pas comprendre le sens de cette expérience parce que ce n’est pas lui, qui en a construit le sens, parce que c’est « l’autre », qui l’oblige à aller dans un sens, qui n’est pas le sien. Aussi va-t-il créer, effectivement, dans son expérience physiologique d’abord, et psychologique ensuite, deux solutions : soit il vivra le plaisir qu’il éprouve, soit il cessera de ressentir ce qu’il ressent, puisqu’il ne peut pas l’inclure. Il va vraisemblablement générer une dissociation, « une sorte d’anesthésie psychologique », où il ne va pas avoir la conscience de son corps afin d’éviter de vivre cette expérience qu’il n’inclura pas. 

    Ce qui va donner, si l’on fait une métaphore par rapport à un territoire, une espèce de « no man’s land », « vierge », où il ne pourra plus accéder. Cette expérience, puisqu’elle ne peut pas avoir de sens dans l’évolution dans laquelle l’enfant se trouve, cette expérience va être reléguée dans un non-sens, dans un espace de non-sens, c’est-à-dire que cette expérience n’aura pas de lien avec l’ensemble de sa vie. Il pourra même ne plus y accéder. 

  • - C’est la raison pour laquelle, dans l’âge adulte, bien des personnes ne se souviennent pas d’abus, ont oublié l’abus, non pas, par suite d’un refoulement quelconque, mais simplement parce qu’elles n’ont pas pu construire une continuité de sens de cette expérience, dans l’ensemble de ce qui faisait sens dans le reste de leur expérience. Il y a donc une espèce de « no man’s land » inaccessible à la conscience afin d’éviter la souffrance, que produirait le fait de donner du sens à quelque chose qui n’en a pas, à quelque chose qui est un abus. 

    Dans l’évolution de la personne, il va y avoir une sorte de « no man’s land » psychologique. Ce qui signifie qu’elle n’accèdera même plus à la conscience de cet espace-là. Ce qui pourra produire chez certains adultes, une absence de plaisir sexuel afin d’éviter d’être dans cette espace-là, parce que cet espace-là est un danger potentiel, « l’autre » pouvant venir sur le territoire et sur le terrain de la construction psychologique.

    - Dans l’espace physiologique d’une personne abusée, il va y avoir un refus ou plutôt une impossibilité de donner sens à une perception, qu’elle n’a pas les moyens d’intégrer, d’inclure dans son expérience. Un enfant qui tombe avec une bicyclette inclut cette expérience dans l’ensemble de l’apprentissage de l’équilibre : la chute est en quelque sorte inévitable, presque intentionnelle. Personne n’ a l’intention de vivre l’expérience d’un abus. L’enfant n’a pas décidé de la vivre. C’est un autre qui décide pour lui. 

    - Cet enfant va donc se trouver également dans une difficulté de positionnement psychologique par rapport à « l’autre », c’est-à-dire que, dans l’espace de la sexualité, il y aura une perte de contrôle de la relation à l’autre. L’autre imposera. La sexualité ne sera pas choisie mais imposée. Plus tard, il lui sera difficile d’avoir des choix dans sa réalité sexuelle. Ce qui, dans sa réalité d’adulte, pourra générer des paradoxes tout à fait opposés à ce qui s’est construit au départ comme, par exemple, la nécessité, la volonté de contrôler la sexualité, voir même l’impossibilité de se laisser aller, pour ne pas perdre le contrôle. Ce qui amène certaines personnes à être privées de plaisir sexuel simplement parce qu’elles veulent éviter de perdre le contrôle. En effet, en perdant le contrôle, elles seraient à nouveau sous le pouvoir et la décision de l’autre, dans la relation. 

  • Si la relation abusive a été générée par un adulte proche, avec qui l’enfant avait des relations affectives, il peut se produire la chose suivante : 

    - La relation affective pourra être incluse, intégrée, puisqu’elle fonctionnait très bien avant l’abus et que, soudain, l’adulte - censé avoir une relation affective équilibrée avec l’enfant, fonctionnant avec une demande et un respect de la demande de l’autre - tout d’un coup, oblige à une relation sexuelle physique où effectivement, là, il n’y a plus de respect de la demande. 

    - L’enfant éprouvera la nécessité de dissocier psychologiquement deux choses qui peuvent se retrouver dans sa vie d’adulte : 

    • dissocier la sensation et le plaisir corporel, 

    • dissocier la réalité affective, émotionnelle. 

    En cabinet, il m’est arrivé de rencontrer des personnes qui avaient une vie sexuelle totalement contrôlée avec des personnes qu’elles contrôlaient, justement, et avec lesquelles il n’y avait pas de réalité affective. Par contre, lorsqu’elles avaient une relation affective avec quelqu’un, il leur était impossible d’avoir une relation sexuelle. Effectivement, ces deux espaces étaient dissociés, non pas par refus ou par refoulement, mais pour éviter de créer une confusion entre les deux, pour éviter de créer, dans une relation amoureuse et affective, quelque chose qui aurait pu être de l’ordre d’un abus. 

  • Cela signifie que ces personnes peuvent vivre une vie affective tout à fait épanouissante, sans vie sexuelle, et surtout, quand il n’y en a pas, car dès qu’il y a vie sexuelle, survient le risque de s’abandonner et d’être à la merci de l’autre. Pour ces personnes, il y a une ambiguïté dans l’engagement amoureux, affectif : le passage qui consiste à se laisser aller à une relation sexuelle. Généralement, quand ces personnes arrivent dans cet espace-là, elles décident de rompre la relation. Elles rompent systématiquement des relations affectives, quand elles rentrent dans l’espace où elles vont « devoir » vivre une réalité sexuelle, car celle-ci nécessitera un laisser-aller, un lâcher prise, et c’est à ce moment-là que reviendra le danger : « si je me laisse aller, s’il y a un laissé aller, il y a danger d’être contrôlé par l’autre », au risque de ne plus vivre leurs propres désirs. Et par respect - ce qui est paradoxal - de la relation amoureuse, elles préfèreront rompre cette relation plutôt que d’avoir une vie sexuelle qui risquerait de la détruire.

    COMMENT CONSTRUIRE L’IMAGE QUE L’ON A DE SOI 
    DANS DE TELLES CONDITIONS ?

    - Une personne ayant vécu ces abus dans l’enfance, va garder un espace de sa réalité qui ne pourra pas évoluer, cette espèce de « no man’s land » dans sa réalité psychologique dont je vous parlais tout à l’heure. Cette personne va continuer à se développer psychologiquement « normalement », avec une évolution constante et régulière, mais sa vie sexuelle, elle, n’évoluera plus du tout. Elle opposera un refus ou sera dans l’impossibilité d’investir cette réalité-là. Ce qui la mettra d’autant plus en danger, lorsqu’elle sera adulte, puisqu’elle n’aura pas la conscience, et qu’elle n’aura pas non plus l’expérience de cette réalité-là. Paradoxalement, ces personnes n’auront pas de maturité dans leur vie sexuelle ou bien elles resteront dans une vie sexuelle « infantile ». Elles n’apporteront que ce qu’elles ont connu avant cette expérience-là, et elles pourront continuer à se développer, adultes, d’une manière totalement cohérente et qui semblera cohérente. 

  • - Supposons qu’un garçon se développe à partir d’un abus. Adulte, il continuera à évoluer en tant qu’homme, psychologiquement, avec un positionnement d’homme. Il pourra très bien avoir une vie sexuelle, qui ne sera peut-être pas forcément mature, au sens de la conscience qu’il aura de lui-même, mais qui sera. Lorsqu’il se retrouvera avec des enfants ou dans une position de père, il se peut qu’il devienne à son tour abuseur. La raison en est simple. C’est qu’il n’aura pas investi la réalité de la relation adulte-enfant d’une manière cohérente, d’une manière saine. Donc, nous aurons là un père, qui en tant qu’homme pouvait assumer sa sexualité, mais qui, le jour où il se retrouve père, ne sait plus assumer la sexualité d’un enfant qui se trouve face à lui. Nous aurons alors un père abuseur ou une mère ayant des comportements un peu étranges et non cohérents vis-à-vis d’un enfant. 

    - Cela peut donner aussi des adultes qui refusent d’avoir des enfants, pour éviter justement, que ce qu’ils risquent, eux, de produire, ne se produise, parce qu’ils ont, sans y réfléchir et sans en être conscient, l’idée qu’ils peuvent, eux, en tant que père ou mère, faire vivre cela, tant qu’ils n’ont pas totalement réglé et intégré leur expérience. Ils risquent effectivement, et ils le savent plus ou moins, de mettre en danger quelqu’un dans une situation identique.

    - Il peut y avoir également des pères abuseurs chez des hommes qui ont vécu des abus sexuels et qui n’ont pas pu construire de repères d’adulte avec un enfant puisqu’eux-mêmes, se sont trouvés avec un adulte, qui n’a pas su leur permettre de construire les repères sexuels dans la relation adulte enfant. Quand ils se trouvent en situation d’adultes pères avec un enfant, ils ne savent pas construire la relation. Ils peuvent alors passer le cap et avoir une relation sexuelle avec cet enfant car ils n’ont pas les repères de la conscience pour savoir ce qu’est cet apprentissage de la relation adulte-enfant dans une réalité sexuelle.

  • C’est dans la réalité d’adulte que l’on découvre toutes ces difficultés relatives aux abus sexuels : 

    • L’impossibilité de vivre le plaisir ; 

    • La difficulté de l’engagement dans une relation avec le risque, si l’on s’engage, de devoir se laisser aller et si on se laisse aller, d’être en danger ;

    • La difficulté de créer une cohérence entre une vie sexuelle et une vie affective qui se construit sur cette impossibilité-là ; 

    • Perte du souvenir de l’abus car l’expérience n’a pas pu être incluse dans le territoire de l’expérience subjective. 

    « C’est comme si une violence extrêmement grande m’était faite dans mon enfance. Je ne peux pas expérimenter ni intégrer cette expérience-là si, psychologiquement, je n’ai pas encore construit la maturité de l’intégration de cette expérience ».

    Aide à apporter

    - Il sera primordial de permettre à la personne abusée de pouvoir dire son expérience. Quand elle pourra la dire et la reconnaître, elle pourra enfin reconnaître ce territoire de « no man’s land », territoire non visible à sa conscience. Et le jour où celui-ci deviendra visible, ce sera source de souffrance bien sûr, mais bientôt suivie d’apaisement.

    IMPOSSIBILITE DE DIRE AU RISQUE DE TOUT PERDRE

    Voilà pourquoi bien des enfants ont du mal à dire ce qui leur est arrivé. Ils se trouvent souvent en situation avec des adultes, qui sont ceux-là mêmes qui leur permettent de se construire. Il est d’autant plus difficile de dénoncer quelqu’un dont on a besoin pour se construire et qui en même temps se révèle être celui qui empêche la construction. « C’est comme si je décidais de dénoncer les fondations et ceux qui construisent les fondations de ma maison, alors que j’ai besoin de ces fondations pour construire ma maison ». Il est difficile pour un enfant de dire que les fondations sont dangereuses, qu’il a besoin d’aide, parce que quoiqu’il arrive, c’est bien grâce à ces fondations qu’il se construit. 

  • Nous avons donc cet enfant, dans l’impossibilité de dire, par le risque qu’il a de tout perdre, et s’il perd tout - et il le sait très bien, plus ou moins consciemment - il perd également la relation. Il perd tout ce qui lui permet de se construire. Cette impossibilité de dire, ce n’est pas du refus, ce n’est pas du refoulement, c’est l’impossibilité dans la construction psychologique de l’enfant de pouvoir dire cela, à cause du risque qu’il encourt. Dans bien des cas, le silence est la conséquence de chantages à l’amour, de chantages à l’affectivité, et de cette sacro-sainte notion de silence : « Chez nous, on ne dit pas ! Ne dis surtout pas ! ». 

    Il y a aussi, malheureusement, l’environnement social, qui refuse de dire, à cause du scandale qui peut en découler. Les adultes ont une responsabilité énorme autour de ce « dire », quelles qu’en soient les conséquences, car en fin de compte, les conséquences du « dire » seront beaucoup moins dangereuses à long terme, que ce que va devoir vivre l’enfant en grandissant.

    TOUTE SOUFFRANCE EST SOURCE D’APPRENTISSAGE

    Je reviens à cette notion de « comment sortir de cette difficulté ? », ou plutôt « comment inclure, dans son expérience globale, cette expérience vécue ? » parce que toute expérience a besoin d’être incluse.

    « Lorsque je me brûle, lorsque je me fais mal, enfant, si je n’inclus pas cette expérience, je n’inclus pas la capacité de savoir cela, ni la capacité de générer la sécurité pour éviter cela ». 

    Et il est évident que bien des personnes ayant vécu ce genre de situation, n’ayant pas inclus l’expérience du risque, parce qu’elles ne pouvaient pas l’inclure, se retrouvent dans des situations de risque. Elles n’ont pas l’apprentissage du danger, que cela peut produire dans leur construction mentale et psychologique, et donc, n’ayant pas intégré cette expérience, elles se retrouvent avec un territoire où il n’y a aucune limite. Ce qui peut donner des comportements extrêmes de sexualité débridée parce qu’elles n’ont pas inclus les risques et les dangers par rapport à leur propre psychologie. Elles laissent aller complètement cette situation-là, puisqu’elles ne l’ont pas contrôlée. Elles ne savent pas la contrôler parce qu’elles n’ont rien appris du danger qu’elles encouraient dans leur réalité psychologique.

    Ces personnes ont besoin d’inclure cette expérience, d’en tirer les savoirs que l’enfant qu’elles étaient à cette époque n’a pas pu faire. Puisque l’enfant n’avait pas la possibilité d’intégrer, il ne pouvait pas en tirer des connaissances, des apprentissages.

  • Toute souffrance est « normalement » source d’apprentissage. Nous devons apprendre de toutes nos douleurs, de toutes nos souffrances, pour pouvoir effectivement, dans notre vie future, savoir, lorsque nous nous trouvons dans des situations identiques, ce qu’il est important que nous sachions faire.

    COMMENT UNE PERSONNE ABUSEE PEUT-ELLE INTEGRER CET ABUS ?

    Il est nécessaire qu’elle intègre cette expérience. Il est nécessaire que cette expérience soit dans son champ de conscience comme quelque chose, non pas de « normal », mais simplement, comme quelque chose ayant existé comme tel. Il est important que cette personne sache ce qu’elle peut en faire, et ce qu’elle en retire. 

    Il est important de savoir que beaucoup de personnes qui ont vécu ce genre de situation - et cela découle de mes observations en cabinet - ont développé une sensibilité dans leur vie d’adulte et même très tôt dans leur vie d’enfant, une sensibilité au respect de l’autre, une sensibilité à l’injustice généralement exacerbée, et surtout des notions de respect. Et ces personnes, effectivement, puisqu’elles ont développé des notions exacerbées de respect, de justice, de protection de l’enfance, sans savoir pourquoi, développent une sensibilité à tout ce qui a trait à l’enfance. Ce qui me semble important, dans la réalité psychologique humaine, c’est que toute souffrance et tout vécu traumatique nous permet de développer les qualités et les capacités qui permettent de guérir ces mêmes traumatismes. 

    L’ENFANT INTERIEUR – L’ENFANT EXTERIEUR

    L’être humain est ainsi fait, avec cette intelligence particulière. Il sait tirer parti de tous ces savoirs acquis, de sensibilité à l’autre, à l’enfance, à la souffrance. L’adulte qui a vécu ce type de traumatisme, à cause de l’enfance qui a été la sienne et qui est restée extérieure à lui - et cela est intéressant - fait une « dissociation » où « l’enfant » – on parle souvent de » l’enfant intérieur » – où « l’enfant intérieur » donc n’est pas resté à l’intérieur. Tout au contraire, il est toujours dehors. « L’enfant » est à l’extérieur, hyper sensible à tout risque, à tout danger que représenterait le contrôle d’un autre sur lui. 

  • Difficultés avec la hiérarchie

    Ces personnes rencontrent parfois des difficultés avec les hiérarchies, les pouvoirs, et toutes notions de contrôle extérieur pouvant s’exercer sur eux-mêmes. Ce qui est légitime par rapport à ce qu’elles ont vécu. Effectivement, elles ont à l’extérieur d’elles, une partie d’elles, dissociée, qui, elle, est d’une vigilance extrême à tout ce qui peut ressembler à de la manipulation, du danger et du risque. Il est important que cette partie extérieure, qui a été utile pour les protéger à un moment donné, qui n’est pas intégrée puisqu’elle est restée extérieure, puisse justement être intégrée. Il est important que ces personnes apportent à cette partie d’elles-mêmes, la protection et tout ce que cette partie aurait eu besoin à l’époque du traumatisme, et qu’elle n’a pas eu effectivement. Cette protection et ces compétences, de toute façon, elles les ont car elles les ont suffisamment développées justement à cause ou grâce à l’expérience.

    Je reviens sur cette notion d’enfant intérieur. J’ai la ferme conviction, qu’il ne s’agit pas de sécuriser l’enfant intérieur, mais bien l’enfant en dehors de soi. Il est important de se rendre compte, que dans des situations de traumatisme grave, de grandes difficultés, il y a une partie de nous qui reste à l’extérieur de nous-mêmes, dans l’espace-temps où l’expérience s’est produite. Elle y reste pour essayer d’y comprendre quelque chose, pour essayer de donner du sens. Et cette partie de nous, nous est inaccessible puisqu’elle n’est pas dedans, justement. Cet « enfant » n’est jamais à l’intérieur, il est toujours dehors, en dehors de soi. Il est la vigilance. Il est une sorte de vigie à l’extérieur de nous, qui devient presque, pour certaines personnes, comme un sixième sens. Avant même de réfléchir, elles savent, elles sentent, elles perçoivent tout ce qui peut être dangereux. Et j’insiste, cette partie n’est pas à l’intérieur, elle est bien à l’extérieur puisqu’elle n’a pas été intégrée. Ce territoire n’est pas dedans, c’est une sorte de « blanc », de vide, qui est quelque part sans cesse dans la vigilance, dans la prévoyance de tout risque pouvant survenir de l’extérieur. 

  • À partir du moment où cet espace - cet « enfant », cette réalité - est remis à l’intérieur, la personne adulte peut redonner à l’enfant qu’elle a été, à une époque lointaine dans le passé, tout ce qui lui aurait été utile à ce moment-là. Elle peut alors mettre à l’intérieur d’elle, métaphoriquement, cet « enfant » et elle, adulte, peut se mettre à la périphérie de cet « enfant » maintenant, à l’extérieur. Il s’agit de faire en sorte que ce soit, elle, adulte, qui décide de ce que cet « enfant » a besoin et non pas que ce soit « l’enfant » qui décide ce dont l’adulte a besoin. Il y a alors un véritable renversement de situation. Cet « enfant » - et j’ en reviens à cette notion - est à l’extérieur et protége l’adulte qui est là, alors que cet « enfant » devrait être à l’intérieur, protégé par l’adulte. Et pour qu’il y ait intégration, tout ce que l’adulte a appris de cet « enfant » doit être maintenant à l’extérieur pour protéger « l’enfant » qui est à nouveau mis à l’intérieur. « L’enfant » n’aurait jamais du être à l’extérieur parce qu’il est essentiellement réactif, alors que s’il est à l’intérieur avec tout ce que l’adulte peut lui apporter, de toute l’expérience qu’il a acquise au cours des années, il redeviendrait actif. L’adulte à l’extérieur devient actif et permet à l’enfant à l’intérieur de trouver cette paix, cette intégrité et cette tranquillité, dont il a tant besoin. Il lui permet justement d’être vraiment, maintenant, à l’intérieur, intégré, inclus, et non plus à l’extérieur, sur le qui vive, en alerte, sans cesse en train de vérifier tout danger qui peut survenir. 

La notion de culpabilité

Dans cet espace des abus sexuels, il se construit d’importantes réalités psychologiques chez celui qui a vécu cela. À partir du moment où un enfant n’a pas pu prendre position face à un adulte, il se sent de surcroît coupable de ne pas l’avoir fait. Ce qui, d’un point de vue de la conscience de celui qui vit cela, est « légitime ». Il n’a pas su dire ce qu’il aurait dû dire, il n’a pas su dire « non ». Ces personnes auront vraisemblablement des difficultés, soit à dire non, soit à contrario, elles ne sauront pas faire autrement que de dire non à tout ce qui pourrait être source de plaisir. Paradoxalement, nous avons les deux extrêmes qui peuvent exister comme conséquences de ce type de comportement.

Bien sûr, la notion de culpabilité chez certaines de ces personnes, peut être très forte, en ce sens, qu’elles n’ont pas pu dire non, qu’elles étaient dans l’impossibilité de dire non à cet autre qui était en face. Souvent cet adulte, en face d’elles, représentait une référence importante. Il ne pouvait pas être coupable. Il était un adulte irréprochable puisque, trop souvent, un parent aimé et respecté. L’enfant, en tant qu’apprenant, ne sait pas tout. Ce ne peut être que lui qui soit dans la situation de culpabilité. « C’est bien fait pour lui, il n’avait qu’à savoir dire non, etc… » . Puisqu’en face, l’abuseur est souvent quelqu’un de qui l’on ne peut pas dire « c’est de sa faute… », puisqu’il est censé être une référence. Ceci est un premier domaine. 

Effectivement, quand certaines personnes, ayant vécu ce type de réalité, se retrouvent dans une situation non seulement affective, mais également sexuelle, elles peuvent entrer dans des espaces totalement fusionnels. Elles ne parviennent plus à se positionner par rapport à l’autre puisque, par expérience, c’est le désir de l’autre qui est dominant. Cela pourra donner des personnes totalement soumises, immédiatement dans la loi et le désir de l’autre, et jusqu’à une totale dépendance à l’autre. Elles ne s’apercevront pas, qu’à un moment donné, elles seront en train d’agir contre leur propre intégrité. Ne plus être dans la fusion pourra provoquer à nouveau le risque. Si elles prennent position, elles risquent une perte ou une rupture. Ces personnes ont des dépendances énormes à cette réalité sexuelle parce que, dès qu’elles sont dans cet espace, elles perdent tous repères de ce qui est juste pour leur intégrité.

 

L’impossibilité de dire « non »

 

Nous avons également des personnes qui ont une grande difficulté à se positionner, à dire non, à connaître leurs désirs et comment les exprimer, et qui doutent sans cesse. Si elles expriment leurs désirs, elles risquent de perdre ce qu’elles auraient risqué de perdre si elles s’étaient exprimées de cette manière dans leur enfance. Elles risquent de perdre l’amour, la relation, tout ce qui est là et qui existe. Et donc, dans des situations affectives où il commence à y avoir un engagement, la peur de dire non signifiera : « si je dis non, si je dis vraiment ce dont j’ai envie, si j’exprime mes propres désirs, l’autre risque de me faire le chantage de partir… ». 

 

Paradoxalement, ces personnes, à un moment donné, ne se positionnant plus dans leur désir, finissent par faire en sorte que l’autre s’en aille parce que justement, ne se positionnant plus, ce qu’elles risquaient, risque d’arriver effectivement. Et c’est le paradoxe dans lequel elles se retrouvent.

 

Par Régis Lamotte, Psychothérapeute, Lauris, France

http://www.psycho-ressources.com/bibli/les-abus-sexuels.html

   

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Libère-moi, j'étouffe
Je suis en toi, dans le coeur
Dans ton âme, je hurle
Dans ton ventre je pleure
Libère-moi, vomis ça
Ce coeur et ces cris 
Libère-toi, ouvre-moi
J'ai mal, si mal, il me broie
Libère-moi, je souffre
S'il te plaît aime-moi
Ecoute-moi, je me noie
J'ai mal qu'il ait fait ça
Dis-le moi tu me crois
Je pleure, la mort en moi
Ces mains-là courent sur moi
Je t'en prie libère-moi
J'ai trop peur, appelle-moi
Fais-moi sortir du silence
Je crève, je souffre, viens vers moi
Et redonne-lui sa violence
Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

 

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Les adultes qui ont survécu à un passé d’abus ou de négligence

Plusieurs adultes qui consultent un psychologue ont des symptômes qui découlent du fait du fait que leurs parents n’ont pas su répondre à leurs besoins de façon adéquate. Ils ont survécu soit à la maltraitance active ; c’est-à-dire à des abus d’ordre sexuel, physique ou psychologique, soit à la maltraitance passive ; c’est-à-dire à la négligence où les parents n’ont pas été attentifs aux besoins de base ou de protection et d’amour. Dans les deux cas, les besoins et émotions des enfants n’avaient pas d’importance et n’étaient pas considérés.

Une forme particulière de négligence est vécue également par les enfants adultifiés, ceux-ci ont dû prendre charge d’un parent malade (maladie physique, mentale, toxicomanie). Ils n’ont pas été considérés en tant que tels, mais pour leur utilité. Les besoins d’un ou des parents ont eu préséance sur leurs besoins d’enfant. Ils ont du développer une maturité précoce, se construire eux – mêmes et forger leur identité en l’absence d’adultes pour les guider.

Le véritable trauma, sous-jacent à la maltraitance et la négligence, c’est le fait d’avoir été abandonné, de ne pas avoir été protégé, de ne pas voir été important, de ne pas avoir compté. Plusieurs personnes, qui ont survécu à la maltraitance, disent que la peur de l’abandon est plus souffrante que la douleur physique ou morale. Souvent, les troubles anxieux ou les réactions dépressives ont comme fondement la peur de l’abandon.

Les abus ont été des évènements traumatiques qui se sont produits de façon répétée. Ils ont laissé des marques, car ils ont été perpétrés par les personnes les plus significatives dans la vie de l’enfant dans des étapes de grande vulnérabilité. Ces évènements traumatiques répétés excédaient les capacités de l’enfant à protéger son bien-être psychique et son intégrité. Il en est de même pour la négligence ce qui a pu avoir comme impact de compromettre le développement de l’enfant.

Certains clients ont des souvenirs très vifs des agissements traumatiques de leurs parents. Pour d’autres, ce n’est qu’une fois parvenu à l’âge adulte, que les évènements, qui avaient été oubliés, leur reviennent à la mémoire. Ou encore, ces évènements prennent un nouveau sens et sont définis et revécus émotivement comme ayant été abusifs ou négligents. Mais plusieurs des survivants de la maltraitance et de la négligence ne viennent pas consulter pour leur passé traumatique, car leur expérience de vie infantile faisait partie d’une réalité quotidienne familière et normale ; ils n’y trouvent rien de notable. De plus, plusieurs clients n’ont jamais perçu leur famille comme ayant eu une influence nocive sur eux. D’autres ont un grand besoin de préserver une image positive de leurs parents ; ils protègent ainsi leur propre image d’eux-mêmes et conséquemment leur identité. De toute façon, les parents ont eu leur propre vécu qui peut expliquer leurs comportements inadéquats et le processus thérapeutique n’a pas comme but de les blâmer, mais de répondre aux préoccupations des clients. Les clients sont préoccupés par leur humeur anxieuse ou dépressive ou par les difficultés qu’ils vivent dans leurs relations de couple ; ils veulent améliorer la régulation de leurs émotions et leurs relations interpersonnelles.

Je réponds toujours aux besoins et préoccupations des clients tels qu’ils les expriment, sans tenter de les convaincre que la source leurs difficultés résident dans leur passé traumatique. Dès la première étape, je les outille pour qu’ils apprennent à maîtriser leurs états émotifs.

Voici les impacts d’un passé d’abus ou de négligence :

  • Des difficultés dans la régulation des émotions
  • L’évitement des émotions pénibles par la dissociation, la consommation ou la compulsion
  • Une mauvaise estime de soi
  • Des difficultés dans les relations interpersonnelles

Ces symptômes de base sont très généraux, et ce ne sont pas toutes les personnes avec un passé d’abus ou de négligence, qui ont tous les symptômes avec un degré égal de sévérité ; il y a de grandes différences dans la variété et la sévérité d’une personne à l’autre.

Difficultés dans la régulation des émotions

L’histoire d’abus ou de négligence crée des états persistants d’anxiété, de colère et de dépression. Les personnes sont souvent habitées par des états chroniques de grande détresse émotionnelle ; les émotions sont vécues comme des vagues avec des pics d‘intensité. Chez d’autres personnes, il y a parfois un sentiment de « catastrophe appréhendée », leur stress et leur angoisse expriment la quantité d’énergie qu’ils doivent consacrer à éviter le danger imminent. Chaque expérience négative dans leur vie professionnelle ou personnelle vient confirmer leurs craintes chroniques. La peur de l’abandon peut être une forme de catastrophe appréhendée vécue très intensément, cette terreur peut être pire qu’un danger externe comme une agression, ainsi que certains clients me l’ont exprimé.

Lorsque l’expérience vécue par l’enfant était constituée d’agressions et de menaces, cela a créé un état constant d’adaptation vigilante et défensive. Les interactions familiales ont conditionné l’enfant à focaliser sur les dangers et la survie au lieu de l’apprentissage, il a appris à éviter les dommages plutôt que de s’ouvrir à des expériences nouvelles. Comme adultes, ils ont conservé cet état de vigilance, même s’ils n’en ont plus besoin ; ces réactions d’alerte surgissent sans raison apparente et plusieurs symptômes d’angoisse et de panique y sont reliés. Leur réponse à la menace est rapide et automatique et implique des portions primitives du cerveau (amygdale) escamotant les parties impliquées dans des adaptations plus complexes ; ces réactions de survie sont pré – conscientes et s’effectuent en une fraction de seconde.

Certains enfants ont réagi en apprenant à faire face au danger, mais ont appris en même temps à ne pas ressentir. Certains survivants de l’abus ont développé une sorte d’anesthésie affective, parfois vécue comme une absence d’empathie, par les proches. Ils ont par contre d’excellentes capacités de résolution des problèmes, sont très efficaces au travail ; leur enfance leur a appris qu’ils doivent se débrouiller seuls.

D’autres ont appris à ressentir, mais ne savent pas comment faire face aux difficultés. Ces personnes sont constamment habitées par la peur et l’insécurité, elles se sentent démunies, ce qui les met à risque de dépendance affective et d’exploitation, car elles recherchent des personnes qui vont les sécuriser.

Une autre émotion très importante, souvent négligée, est la honte, une honte paralysante, très souvent liée à la peur ; les personnes se méprisent elles – même. C’est une émotion très forte, pas toujours exprimée spontanément ; elle est l’expression émotive de la mauvaise estime de soi, dont je discute plus bas.

Ma priorité est d’aider les clients à accroître, le plus rapidement possible, leurs capacités à gérer leurs fortes émotions et à les maîtriser plutôt que chercher à les éviter. Il existe plusieurs techniques qui sont proposées pour aider les clients à moduler et réguler leurs émotions ; j’ai écrit un texte sur la régulation des émotions que vous pouvez consulter, je suggère des exercices à faire à la maison.

Pour favoriser l’expérience de ressentir et nommer l’émotion, je demande aux clients d’écrire leurs émotions au lieu de les agir ou de les fuir. Par exemple, je peux suggérer de diminuer un comportement compulsif et d’écrire ce qui est ressenti. Le recours au journal des émotions ou la rédaction d’une lettre à un proche (parent abuseur, ex-conjoint, etc.), mais sans la leur faire parvenir, sont d’autres moyens.

Évitement des émotions

Lorsque les émotions deviennent trop pénibles, les personnes vont chercher à les éviter de plusieurs façons:

  • Les amnésies, les dissociations
  • Les compulsions
  • La consommation
  • L’auto mutilation

Dissociations

Ce que nous appelons les dissociations sont parfois décrites comme des problèmes de mémoire par les clients. La forme la plus fréquente de dissociation est l’amnésie, ou absence de souvenirs, par rapport aux évènements traumatiques d’abus. Il n’est pas rare que les clients aient chassé ces souvenirs de leur mémoire et qu’ils ne réapparaissent qu’à l’âge adulte : la vingtaine ou la trentaine. L’amnésie est un mécanisme de protection qui a permis au client d’éviter de ressentir une émotion trop pénible qui aurait menacé son équilibre psychologique. Je vais préserver cette fonction de protection et n’insisterai jamais pour récupérer ces souvenirs ; ma priorité est de protéger le fonctionnement psycho social. Étant donné que ces souvenirs sont intimement liés à des émotions, il faut s’attendre à ce que les souvenirs remontent à la surface à mesure que les clients apprennent à exprimer leurs émotions naturellement.

Ce mécanisme d’amnésie protectrice s’étend parfois, comme une tache d’huile, à d’autres domaines de la vie et peut prendre toutes sortes de formes :

  • Black-out (sans alcool), c’est-à-dire une incapacité de se rappeler d’évènements récents, dont les proches se rappellent
  • Diminution de la conscience de l’environnement immédiat
  • Dépersonnalisation, détachement, observation de la vie de l’extérieur
  • Monde de fantaisie (imagination) très absorbant
  • Fugues, c’est-à-dire se retrouver à un endroit, sans se rappeler s’y être rendu
  • Sensation d’être divisé en partie

Les manifestations sont très variées d’un client à l’autre, certains exhibent presque toutes les manifestations et dissocient même en entrevue, alors que d’autres vont avoir seulement une amnésie par rapport aux incidents d’abus. La dissociation est toujours précédée d’une émotion très pénible que l’on cherche à éviter.

Lorsque les personnes ont tendance à éviter leurs émotions par la dissociation, je leur demande de se laisser envahir par l’état de panique, de détresse ou de honte. Le lien de confiance doit être solidement établi afin que les personnes se sentent suffisamment en sécurité pour accepter de faire ce qui est contre nature pour eux. Je leur dis que ce que je leur demande est très difficile, mais que je suis là avec eux et leur assure que rien de mal ne va leur arriver. Parfois j’utilise la métaphore de se laisser flotter sur le dos dans un fort courant de rivière ; c’est épeurant, mais je suis sur la rive et les accompagne. De provoquer de façon délibérée un accroissement de la détresse, signifie que l’on est en contrôle de ses émotions au lieu de les subir contre sa volonté.

Si on peut accroître le malaise on peut aussi accroître délibérément le bien-être, j’aide les clients à identifier les activités qui les font se sentir bien (marche musique, activités physiques) et les encourage à les pratiquer souvent afin de développer le réflexe de s’auto réconforter (self soothing). Lorsque les clients n’arrivent pas à identifier d’activités, j’utilise la technique de visualisation dirigée qui crée un monde de fantaisie qui provoque le bien-être.

Ayant acquis la capacité de réguler leurs émotions et de créer par eux-mêmes des états de bien-être intérieur, les clients sont prêts à remplacer les émotions de peur, de colère ou de honte par la tristesse qui est une émotion normale.

Compulsions

Les compulsions sont des façons d’agir l’émotion au lieu de la ressentir ; elles peuvent prendre toutes sortes de formes, comme des comportements répétitifs concernant la propreté par exemple, mais aussi la boulimie ou autre manifestation. Chez certains (es) clients (es), la compulsion peut s’exprimer sous forme de jalousie excessive ; les comportements et attitudes du/de la copain/ine étaient faussement interprétés comme des indices d’infidélité. La peur intolérable de l’abandon, déclenchée par un délai de réponse du/de la copain/ine à leurs téléphones ou courriels, est évacuée par des appels téléphoniques ou messages courriel répétés. Ces comportements de harcèlement, pour éviter de ressentir la détresse, conduisent souvent à des ruptures de couple.

Consommation

Les survivants de la maltraitance et de la négligence on aussi recours à des méthodes inadéquates pour évacuer les émotions pénibles comme la consommation. On appelle cela l’auto-médication, dans le sens que la drogue ou l’alcool chasse les émotions pénibles. Mais, même si la consommation produit l’effet désiré à court terme, plus cette habitude devient chronique, plus les effets indésirables s’accentuent et moins les effets positifs durent longtemps.

Auto mutilation

Les personnes qui se blessent délibérément, comme se taillader les poignets, cherchent aussi à éviter une émotion pénible ; car ce geste provoque la sécrétion de la dopamine qui a un effet calmant. Elles doivent apprendre à tolérer leur détresse plutôt qu’avoir recours à ce mécanisme d’évitement.

Ces comportements compulsifs, qui permettent d’évacuer l’anxiété et la détresse (consommation, auto mutilation, troubles de l’alimentation), sont potentiellement nuisibles, dangereux et auto destructeur. Mais l’intention du client n’est pas de se punir, mais de se protéger ; ces comportements apportent un soulagement en évitant un affect pénible et envahissant. Ils se sont développés parce qu’on ne leur a pas appris des méthodes plus fonctionnelles de moduler les émotions pénibles et ils persistent parce que le client ne connaît pas d’autres méthodes pour procurer un soulagement immédiat.

Au lieu de recommander l’abstinence, je demande aux clients de retarder ou de diminuer le plus qu’ils le peuvent, puis d‘explorer avec une attitude de curiosité, le dernier incident, ce qui l’a déclenché, l’intensité de l’angoisse à ce moment. L’élément déclencheur est toujours l’anxiété ou un autre affect.

Mauvaise estime de soi

Une estime de soi très basse est un symptôme quasi universel chez les adultes qui ont survécu à la maltraitance ou à la négligence. Ils ont un sentiment chronique de culpabilité et de honte, un sentiment de ne pas avoir de valeur, d’être mauvais, ne méritant pas l’attention des autres. Ils vont toujours être portés à se blâmer et s’attribuer la responsabilité pour des difficultés à l’emploi, ou dans leurs relations de couple. Ils vont même aller jusqu’à penser qu’ils méritent ce qui leur arrive. Leur dialogue interne répète les critiques et blâmes entendus dans leur enfance ; par exemple qu’ils sont inférieurs, stupides, paresseux ou sans valeur. D’autres se voient comme des personnes endommagées, handicapées ou malades mentales ; certaines personnes ne pensent pas qu’elles ont le droit d’exister.

Les fausses croyances négatives à propos de soi sont très difficiles à corriger, de plus leur famille ne leur ayant pas montré à exercer une pensée réflexive, les clients sont habitués à ne pas se fier à leur propre jugement et ont le besoin de plaire et de se conformer.

Pour contre carrer cette auto-dévaluation, j’aime mettre en évidence les impacts positifs d’une enfance d’abus, comme la résilience et une grande force de caractère. La résilience est une capacité d’endurance qui permet à ces clients de passer au travers d’évènements difficiles. Certains, élevés dans un climat de violence, ne « sont pas peureux », c’est-à-dire ne sont facilement impressionnés par les situations qui intimident les gens. D’autres, habitués à sentir les humeurs des parents, ont développé beaucoup d’intuition et sont capables de grande empathie.

J’amène parfois les clients à actualiser leurs compétences dans l’action. Par exemple pour des clients constamment rabaissés et invalidés dans leur enfance, je peux recommander de faire du bénévolat, sachant que leurs qualités y seraient reconnues.

Relations interpersonnelles intimes

Même si la sphère professionnelle a été préservée pour plusieurs clients; ils ont de gros problèmes avec les relations intimes. Le contraste est parfois frappant entre le grand succès professionnel de certains d’entre eux et leurs inaptitudes dans leurs relations de couple. Plusieurs reproduisent, à des degrés divers, les relations abusives ; par exemple, des clientes vont toujours se retrouver dans des relations avec des hommes qui les rabaissent, les diminuent et attaquent leur estime d’elles-mêmes. Être aimé est synonyme d’être abusé. Les abus ont comme effet d’accroître chez l’enfant les besoins d’affection, de telle sorte que, rendu à l’âge adulte, il va être porté à tout faire pour obtenir la plus petite marque d’attention, même subir les abus.

Pour d’autres, il y a une méfiance chronique, une peur de l’abandon ou une anesthésie affective. Ils abordent leurs difficultés conjugales comme un problème à solutionner, comme ils le font à leur travail. Ils ne comprennent pas et ne savent pas comment faire lorsque leurs conjointes leur demandent d’exprimer leurs émotions. Il n’est pas rare que des femmes amènent leurs conjoints en thérapie de couple, en se plaignant qu’ils manquent d’empathie ; ceux-ci sont désemparés, car ils ne savent pas comment devenir empathiques.

Dysfonctionnement en société

Au-delà des impacts directement reliés aux abus et à la négligence, il y a les conséquences d’avoir vécu dans un environnement familial désorganisé, et plusieurs des difficultés que vivent les survivants seraient dus à au contexte familial dysfonctionnel. Ce contexte familial se caractérise par des conflits et une atmosphère chaotique

Ainsi, les figures parentales ne leur ont pas appris l’affirmation de soi, la prise de décision, la capacité à identifier ses émotions et comment solutionner les conflits interpersonnels. De plus, il y a souvent du désespoir, un sentiment de vide, de ne pas trouver de sens à leur vie et aussi des problèmes d’identité, ne pas savoir qui ils sont.

Le client est conscient de ses déficits développementaux et de son manque d’habiletés sociales ; le client doit faire le deuil de ne pas avoir été un enfant « normal », mais aussi faire le deuil du parent aimant et soutenant ; en somme, accepter, avec l’émotion « normale » de tristesse, de ne pas voir été aimé et protégé. Le processus de deuil amène avec lui une attitude de compassion envers soi-même qui remplace l’auto critique.

Dans le domaine interpersonnel, il peut y avoir des réaménagements des relations avec les personnes qui ont abusé ; mais c’est un domaine très sensible. Quant à moi, je préfère reprendre le dialogue avec le parent internalisé plutôt qu’avec le parent réel. Je favorise les dialogues imaginaires avec les personnes qui ont abusé, en rédigeant une lettre pour décrire leurs émotions (sans la leur faire parvenir). Je privilégie des solutions virtuelles avec les figures parentales intériorisées plutôt qu’avec les personnes réelles. Je ne suis pas porté à suggérer de rétablir contact avec les personnes abusives, lorsque le contact a été rompu et qu’elles sont encore vivantes. Lorsque les contacts continuent et ont un impact nocif, je suis porté à conseiller la rupture, dans un but de protection de soi.

_______________________________

À propos de l’auteur: Jérôme Guay, Ph.D., est psychologue au CCPE et offre des services depsychothérapie

http://www.ccpeweb.ca/adultes-survecu-abus-negligence/

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Le répertoire de Linda Lemay est très large dans les deux sens du terme. Ce que j'aime chez elle, de un, c'est sa faculté de placé dans ses textes, des mots réfléchis, des mots intenses et émouvants. De deux, ce que j'aime aussi, mis à part, sa voix que je trouve très belle, c'est qu'elle ose chanter des sujets dont on ne dit pas.

Des comme Lui - Linda Lemay

Je le reçois chez nous 
Comme si de rien n'était 
Et j'embrasse ses joues 
Comme s'il le méritait
Je le traite comme si
Je n' savais rien du tout
Je cache mon mépris
Je masque mon dégoût
Puis je souffle à son lobe
"Donnez-moi votre manteau"
Et dans la garde-robe
J' le place comme il faut
Et je lui offre à boire
Comme à toute la famille
Je lui dis de s'asseoir
Comme pour être gentille

Alors il est bien là
Au coeur du réveillon
Avec maman, papa
Mes soeurs et leurs fistons
Et puis y a les cousines
Et puis y a les plus vieux
Et puis y a leurs copines
Et de lointains neveux
Et dire que des comme lui
Ailleurs on les punit
Ces faiseurs de délits
Ces défaiseurs de lits
Qui s'attaquent aux petits
Qui menacent les nôtres
Dès l'âge des Barbie
Dès l'âge des chaises hautes

Je suis là que j' l'accueille
Ce sale prédateur
J' m'assure d' l'avoir à l'il
Chaque seconde de chaque heure
Et je n' suis jamais loin
Quand il part au p'tit coin
Je compte les gamins
Je surveille et je crains
D'avoir baissé les yeux
Juste le temps qu'une fillette
Se frappe au vieux monsieur
En allant aux toilettes
Et j'apprends à mon fils
À n' pas devenir proie
Et je fais la police
Mais je ne l'appelle pas

Je purge une sentence
De trente ans de silence
Depuis les confidences
De mon amie d'enfance
Qui m'a décrit mon oncle
Dans ses moments de rut
Elle tremblait de honte
Elle me répétait "Chut"
Elle m'a tant suppliée
De n' le dire à personne
Qu'alors moi j'ai juré
Et revoilà cet homme
Encore dans mon espace
Bien assis dans ma chaise
Personne ne sait c' qui s' passe
Ou ceux qui l' savent se taisent

Et dire qu'y a des comme lui
Que l'on jette en prison
Et qui s' prennent de jolies
Brutales corrections
Pourtant lui est ici
Dans ma propre maison
Et j' lui offre un whisky
Avec des p'tits glaçons
Et dire que des comme lui
Ailleurs on les punit
Ils passent menottés
Penauds à la télé
Et tout l' monde s'en réjouit
En ce soir de Noël
Et mon amie m'appelle
Et dès qu'y s'ra parti

J' la recevrai chez nous
Comme depuis tout l' temps
J'embrasserai ses joues
Elle le mérite tant
Il y a tant de comme elle
Toujours en thérapie
Il y a tant de comme lui
Qu'on n' voit pas aux nouvelles
Et moi, comme d'autres, moi
J'accepte sa visite
Il est un hors-la-loi
Je suis une hypocrite
Coincée entre un silence
Où sommeille ma famille
Et l'éternelle souffrance
De ma vieille amie d' fille

Il ressort de chez nous
Comme si de rien n'était
Tout souriant et tout saoul
Il a même pas d' regrets
Je masque mon dégoût
Et j'attends mon amie
Qui au départ du loup
Vient me rejoindre ici
Un peu comme une brebis
À p'tits pas dans la neige
Qui a peur, qui se protège
Encore de l'ennemi
Et dire que des comme lui
Y en a plein les maisons
Plein les messes de minuit
Et plein les réveillons

J'entends des p'tits chaussons
Qui glissent derrière moi
J' me r'tourne, y a mon garçon
Dans son p'tit pyjama
Y vient me dire bonne nuit
J' lui dis "tu dormais pas ?"
Et je vois mon amie
Avoir un grand coup d' froid
Et moi dans un frisson
Qui n'en finira plus
Je vois un p'tit camion
Que je n'avais pas vu
Dans sa main toute menue
Sur son coeur innocent
Ma promesse tenue, ma chère amie, 
Je n' la tiens plus maintenant

 

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Je le hais ce sourire
Quand il me fait mentir
Quand il nie ma douleur
Quand il feint le bonheur
Lorsque mes mots glacés
Disent ce qui m'a blessée
Lorsque ce qu'ils veulent dire
Evoque vraiment le pire
Il s'invite au milieu 
D'un coeur coupé en deux
Je voudrais m'effondrer
Je voudrais le pleurer
Mais mon visage renie
Et soudain il sourit
Je ne supporte plus
L'émotion contenue
Qui me fait tant souffrir
Qui veut me faire mourir
Je le jure je l'affirme
Je ne veux pas sourire
En tout cas pas comme ça
Pas jusqu'à m'en maudire
Pas jusqu'à en mourir
Regardez-moi j'ai mal
Une douleur infernale
Il ne faut pas se fier
Au sourire affiché
Je ne peux pas lutter
Mes réflexes sont fous
Mon corps est abîmé
Perdu dans les remous
Je voudrais tant pouvoir
Tendre mon coeur vers vous
De opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

 

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Blessée - Linda Lemay

 

Blessée, Blessée depuis un jour perdu 
Dont elle ne se souvient même plus 

Blessée, Blessée comme un pigeon qui boite 
Et qui tourne en rond sur l'asphalte 

Blessée, comme un passé qui l'a poursuit 
Comme la nuit poursuit le jour 

Blessée, dans son cœur gros que toute sa vie 
Elle conduiras comme un poids lourd 

Blessée, par un papa tellement sec 
Que le désert a l'air mouillé 

Blessée, par les vieux doigts d'un vilain mec 
Que sa mère à même pas quitté..... 

Blessée, par un de ces coureurs de victimes 
Qui lui a arraché ses jupons 

Blessée, dans ses désirs les plus intimes 
Qu'on lui tordais comme des chiffons 

Blessée, a force de toujours tomber 
En bas de sa vie en constructions 

Blessée, mais toujours prête a se relever 
Et a redresser le menton 

Blessée, sans doute a la vie a la mort, 

Blessée oui, mais pas morte encore 

Blessée, mais résolue a vivre mieux 
Cette foutue vie qui lui en veux 

Blessée, au creux d'son histoire en lambeaux 
Mais l'espoir en un seul morceau 

Blessée, pressée de voir s'achever la guerre 
Blessée avec le bras en l'air 

Pressée, d'agiter son ptit drapeau gris 
Celui que le temps ..... a sali 

Blessée, par un papa tellement vieux 
Qu'il aura pas l'temps d'aimer mieux 

Blessée, par une maman bien peu mature 
Qui est du même sang que la blessure 

Blessée, mais prête a prendre sous sous son aile 
Tous les autre blessés comme elle ..... 

Blessée, mais convaincue qu'un jour viendra 
Où la souffrance s'estompera 

Blessée, comme tant d'personnes sur la planète 
Que tout éprouve, que rien n'arrête 

Blessée, mais c'est la plus forte de toutes ... 
Et son cœur lourd tient bien la route ...

 

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Ils ne te voient pas
Pourtant tu es là
Petit bout en moi
L'enfant du désarroi
Je sens ta douleur
Tu hurles ta peur
Je verse tes pleurs
Tu vis dans mon coeur
Je voudrais leur dire
Que tu peux guérir
Mais qu'ils ne doivent pas
T'ignorer comme ça
Ils te détruisent
Et tu agonises
Toi tu tends les bras
Mais ils ne savent pas
P'tit bébé mourant
Fantôme d'enfant
Tu attrapes leurs mains
Tu cries ton chagrin
Mais ils ne sentent pas
Ils ne te voient pas
Et c'est moi qu'ils jettent
Droit vers la fenêtre
Moi je te connais
Je souffre pour toi
Je te sens en moi
Tu es mon combat
J'ai tellement besoin
Que tu tendes la main
Mais personne ne voit
Tu veux un câlin
Tu ne peux pas grandir
Tu vis un martyr
Traînant sur le sol
Sans qu'on te cajole
Pendant ce temps là
Je pleure et j'ai froid
Je n'ai pas le choix
Je dois faire tout ça
Faire le jeu des grands
Qui tuent les enfants
Bande d'adultes aveugles
Devant ton linceul
de Opale
Si j'étais une enfant
L'espace d'un instant
Le temps d'être bercée
Et d'être consolée
Juste le temps de verser
Enfin toutes mes larmes
Pleurer sur ce passé
Qui pèse et me désarme
Si pouvais enfin
Obtenir un câlin
Pour trembler de douleur
Et dire toute la peur
Si j'étais une enfant 
L'espace d'un instant
Pour crier la souffrance
De leur si longue absence
Eux qui sont pour toujours
Dans le ciel de l'amour
Un lointain paradis
L'envers de la vie
Si j'étais une enfant 
Pour l'espace d'un instant
Me blottir sur l'épaule
Et plus seule dans ma geôle
Simplement en silence
Laisser couler les larmes
Pour que la vie reprenne
Juste un peu de son charme...
Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

 

inceste

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C’est quoi l’inceste ?

« Est-ce que j’ai le droit de faire l’amour avec ma sœur ? », « est-ce qu’avoir des relations sexuelles avec son oncle c’est de l’inceste ? », « et ma cousine, j’ai le droit de l’épouser ? ».

L’inceste c’est le fait d’avoir des relations sexuelles avec un membre de sa famille, alors que c’est interdit. Ça fait partie des grands tabous de l’humanité. C’est une définition complexe qui peut avoir différentes valeurs selon les cultures et les époques.

Petit point juridique

En France depuis la révolution française, ce concept est tellement délicat pour le législateur, c’est-à-dire celui qui fait les lois, qu’il ne figure à ce jour pas dans le code civil, ni dans le code pénal. D’ailleurs l’inceste n’est pas une infraction en soi, mais une « circonstance aggravante ». On parle de viol ou d’agression sexuelle aggravé quand l’auteur est un ascendant naturel ou adoptif (à savoir son père, sa mère, ses grands-parents).

Depuis 1804, époque où le mariage avait pour simple but de fonder une famille, le code civil interdit seulement le mariage entre personnes avec des liens de parenté allant jusqu’au 3ème degré ; c’est-à-dire qu’il est interdit par exemple d’épouser son frère ou sa sœur, comme il est interdit d’épouser sa belle-mère ou son gendre.

En 2010, le législateur avait inscrit pour la première fois dans le code pénal la notion d’actes « incestueux » commis sur mineurs. Cette notion a été censurée par le conseil constitutionnel en 2011, au motif que la définition des membres de la famille concernés était trop imprécise. Mais dernièrement le gouvernement a annoncé son intention de refaire une loi plus précise sur l’inceste.

La morale l’interdit

En France, au sein des familles, habituellement les parents transmettent à leurs enfants de façon tacite, c’est-à-dire non dite, l’idée que même si on s’aime tous très fort, on ne fait pas l’amour avec son frère ou sa sœur, ni avec ses parents ni avec aucun membre de sa famille. C’est comme ça. Ça fait partie de l’histoire familiale, de l’éducation, des limites qui sont posées, des principes et des valeurs qui sont inculquées dans notre société.

Un peu de psycho

Les théories psychologiques du développement nous expliquent qu’environ à 4-5 ans, l’enfant éprouve des sentiments amoureux pour sa mère ou son père (le petit garçon vers sa mère et la petite fille vers son père). Du coup, il a envie de prendre la place de l’autre parent. A l’issue de cette période (qu’on appelle complexe d’Oedipe), tous les enfants doivent en principe avoir compris qu’ils ne seront jamais autorisés à avoir des relations sexuelles avec leurs parents. C’est à ce moment-là que l’interdit de l’inceste est acquis.

A l’adolescence ces attirances sexuelles peuvent resurgir de façon inconsciente – c’est-à-dire qu’on ne s’en rend pas forcément compte. Alors ce n’est pas grave en soi d’avoir à un moment donné envie d’embrasser son père/sa mère ou de se marier avec, l’important c’est de ne pas le faire !

C’est quoi la différence entre incestueux et incestuel ?

On parle de situation incestueuse lorsqu’il y a un inceste avéré, réel dans une famille – c’est-à-dire quand on a eu une relation sexuelle avec un membre de sa famille alors que la loi et la morale l’interdisent. L’incestuel évoque plutôt une ambiance trouble, ambigüe, souvent malsaine, dans une famille où les limites de cet interdit de l’inceste ont été mal posées et sont floues. Par exemple, quand on vit dans une famille où le parent insiste pour laver son ado alors qu’il a déjà 15 ans on peut dire que dans ce cas on grandit, malgré soi, dans une ambiance incestuelle.

Suis-je victime d’inceste ?

Être victime d’inceste c’est une forme de maltraitance. Parfois on peut avoir l’impression que ces gestes ont été faits avec douceur, avec « gentillesse », sans force… C’est justement toute l’ambigüité de cette agression. Avoir des relations sexuelles, subir des attouchements, recevoir des caresses mal placées de la part d’une personne de sa famille et/ou qui est d’une autre génération, c’est de l’inceste. Même si à certains moments on s’est senti flatté d’être autant désiré, même si on a jamais osé dire non, même si on aime cette personne, c’est interdit ! Cet adulte n’a pas le droit de nous infliger ça !

Je subis un inceste, que faire ?

L’inceste sur mineur est interdit et sévèrement puni par la Loi. Il est alors essentiel dans ce cas d’en parler à un adulte de confiance (un parent, une tante, l’assistante sociale du collège, le CPE etc.…) qui pourra entreprendre les démarches pour que ça s’arrête, ou d’appeler le 119 (Allô Enfance en Danger). Tu peux aussi écrire au Juge des enfants pour dénoncer cette forme de maltraitance ou au procureur de la République du TGI (Tribunal de Grande Instance) de ton domicile.

http://www.filsantejeunes.com/cest-quoi-linceste-16771

 

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TOI

Lorsque j’étais enfant, bien que je sois l’ainée,
Pendant des années, je t’ai idéalisé, presqu’idolatré…
Mais en grandissant, ton comportement nous a séparés,
Tu as brisé les liens du sang !
Il m’arrive parfois de pleurer, sur des couleurs sépia…
En regardant des photos usagées,
Ou tu avais l’air d’un petit garçon enjoué…
Nous nous tenions par la main, nos yeux étaient rieurs,
Nous avions une belle complicité et des avenirs prometteurs…
Puis nous avons grandis, nos chemins ont divergé…
Nous avons construit nos vies, avons eu des enfants.
Je pensais notre complicité intacte,
Comme quand nous étions adolescents…
Jusqu’à ce soir d’automne ou tu as tout gâché !
Tu as franchi la barrière, tu m’as presque brisée !
Depuis bientôt six ans, plus de nouvelles de toi…
Ni de moi à toi, car j’ai peur de cet inconnu,
Que pour moi tu es devenu…
Je ne peux oublier ce qui s’est passé…
Un jour la vie nous remettra en contact,
Nous n’aurons pas le choix…
Mais pour le moment je ne veux pas y penser…
Car j’ai encore la peur au ventre !
Nous n’aurons plus de souvenirs communs,
Ni demain, ni maintenant…
Je voulais juste que tu sois mon Frère…
Et non pas l’être malsain que tu es devenu….

Les Mots De Flo

https://www.facebook.com/pages/LES-MOTS-De-FLO/925131087508766?sk=photos_stream

 

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Le mot inceste devrait bientôt figurer dans le Code pénal, ce qui n'est actuellement pas le cas. Les associations de victimes se réjouissent que «la société se réapproprie cet interdit».

Depuis de nombreuses années, des associations se battent pour que l'inceste soit reconnu comme «crime spécifique». Si ce n'est pas encore le cas, la qualification devrait faire son entrée dans le Code pénal au plus tard d'ici la fin de l'année. Un amendement de députés PS et UMP a été voté mardi en ce sens et devrait en principe être voté dans l'hémicycle le 12 mai dans le cadre d'une proposition de loi sur «la protection de l'enfant».

• Aujourd'hui, l'inceste n'est pas un crime défini en tant que tel

Actuellement, la loi punit les viols et agressions sexuelles, ainsi que les relations sexuelles avec des mineurs de moins de 15 ans. Les peines encourues sont aggravées si les faits ont été commis «par un ascendant ou par toute autre personne ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait».

En France, le terme d'inceste a été supprimé du Code pénal en 1791. «Les révolutionnaires considéraient qu'il relevait, au même titre que le blasphème, la sodomie, et la bestialité, d'un interdit d'ordre moral non nuisible à la société et, par conséquent, relégué à la sphère familiale. En clair, depuis plus de deux siècles, l'inceste est une affaire de famille, un tabou qu'il est interdit de faire, mais aussi de dire», explique auFigaro la présidente de l'association international des victimes (Aivi), Isabelle Aubry.

Pour la première fois, dans la loi du 8 février 2010, le terme fait son entrée dans le Code pénal, à l'initiative de Marie-Louise Fort, députée UMP de l'Yonne. Mais l'année suivante, en septembre 2011, le Conseil constitutionnel censure la loi. Les Sages jugent que la définition des membres de la famille est trop imprécise. Cette année, deux députés socialistes, Bernard Roman et Sébastien Denaja, et un UMP, Guy Geoffroy, profitent d'une proposition de loi sur la protection de l'enfant discutée à l'Assemblée pour déposer des amendements visant à inscrire le crime d'inceste dans le code pénal.

• Inscrire le terme «inceste» dans le Code pénal, ça va changer quoi?

Le texte donnera un cadre juridique à l'inceste. Une agression sexuelle ou un viol pourront désormais être qualifiés «d'incestueux» et il sera précisé quels sont les membres de la famille susceptibles de commettre ce type d'infraction: ascendants, frères, sœurs ou tuteurs. Seront aussi concernés, s'ils ont sur la victime «une autorité de droit ou de fait», les oncles, tantes, neveux, nièces et les conjoints et concubins de ces personnes. Car jusqu'à présent, le lien de famille ne constituait qu'une circonstance aggravante pour sanctionner certaines infractions sexuelles.

La modification est surtout symbolique estiment les associations. Car, dans les faits, pas grand-chose ne change. Les peines ne seront pas plus lourdes. «C'est déjà un début qui va amorcer une prise de conscience», reconnaît Isabelle Aubry. «On ne peut que se réjouir que la société se réapproprie cet interdit. Mais juridiquement et techniquement, il y a encore beaucoup à faire. On espère qu'ensuite, on s'attaquera à la formation des professionnels, la prévention, car tout le monde se retrouve impuissant face à ce crime.»

Selon un sondage Ipsos réalisé en 2009, 2 millions de personnes en France déclaraient avoir été victimes d'inceste dans leur enfance. Le Conseil de l'Europe estime qu'un enfant de moins de 18 ans sur cinq est victime de violences sexuelles, dont 70% à 80% sont commises au sein de la sphère familiale.

http://www.lefigaro.fr/…/01016-20150506ARTFIG00480-l-incest…

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Inceste : comment faire parler les enfants ?

Face à une situation aussi grave que l'inceste, comment réagir ? La psychologue Agathe Lemoine explique que les adultes, et tout particulièrement le corps médical, jouent un rôle clé.

Édité par Hélène Decommer 

La Haute autorité de Santé a adressé tout récemment aux médecins plusieurs recommandations sur le repérage des maltraitances sexuelles intrafamiliales envers un mineur, autrement dit l'inceste.

 

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Inceste, image d'illustration (AIRIO/LEHTIKUVA OY/SIPA)

 

C'est une excellente initiative, dans la mesure où les professionnels de la santé peuvent jouer un rôle clé dans de telles situations.

L’enfant victime d’inceste dénonce difficilement les faits dont il est victime, notamment :
- par crainte des représailles de l’agresseur,
- par crainte des conséquences sur sa famille,
- par méconnaissance de la nature exacte des faits commis.

Les conséquences de l’inceste sur le développement de l’enfant peuvent être dramatiques. C’est pourquoi il est important que les adultes se souviennent que c’est leur rôle de protéger les enfants. Si un proche agresse l’enfant, c’est aux autres adultes d’intervenir pour faire cesser la maltraitance.

Ne pas dénoncer des faits de maltraitance permet à l’agresseur de continuer. Plus la maltraitance perdure, plus il est difficile pour l’enfant de se reconstruire. Un enfant victime de maltraitance non dénoncée ne peut pas bénéficier de prise en charge sociale, juridique et thérapeutique.

 

Devenu adulte, il est possible qu’il développe des comportements défensifs qui ne seront pas adéquats en société, par exemple, des difficultés relationnelles et affectives, ou plus grave, une addiction à des produits pour fuir la souffrance, la dépression, voire le suicide. C’est donc une responsabilité de santé publique d’aider et soutenir ces enfants victimes.

Il est important également de ne pas dire à un enfant qui dénonce spontanément des faits de maltraitances sexuelles qu’on ne le croit pas. Mieux vaut lui dire qu’il a bien fait d’en parler et à l’adulte ensuite d’aller demander de l’aide et des conseils, par exemple en appelant le 119 ou l’Enfant Bleu (01 56 56 62 62). Ainsi, une étude canadienne montre l’importance de prendre au sérieux la parole de l’enfant et de prendre immédiatement contact avec des spécialistes pour prendre conseil.

Il est donc primordial que les enfants soient écoutés et entendus. Cela implique une attitude adaptée et une vigilance toute particulière. Si l’entourage familial n’est pas en capacité d’écouter l’enfant, c’est aux autres adultes de le faire et notamment les professionnels de santé du fait de leur place privilégiée.

 

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(AFP)


Partir d’une attitude attentive, par exemple lors d’une consultation médicale que le médecin demande "est-ce que cela t'embête si tu te déshabilles pour que je t'ausculte ?" pour voir comment l'enfant réagit peut être un point de départ. Ne pas hésiter à poser des questions ouvertes et à être très attentif aux réponses. Si l'enfant sent que le professionnel de santé est bienveillant, cela va l’encourager à parler.

La vigilance passe également par une meilleure communication entre les différents professionnels. Par exemple, si un enfant n'a jamais été présent aux visites médicales scolaires, l’information doit être portée à la connaissance d’un niveau hiérarchique décisionnel, afin qu'il soit vu par un autre médecin. Il ne doit plus y avoir de possibilités de manquer une situation qui interroge.

L'autre aspect qui me paraît important pour mieux aider les victimes d'inceste consiste à ne pas attendre d'avoir des doutes pour faire quelque chose. Il faut généraliser les principes énoncés ci-dessus à tous les enfants, tout le temps. Plutôt que de dire "celui-ci semble être victime de maltraitance, soyons vigilants", il faut être vigilant continuellement avec tous les mineurs.

Mettre fin à un inceste est extrêmement difficile. On touche là au cercle familial et un mineur aura du mal à dénoncer quelqu'un de sa famille. Pourtant, ce type de maltraitance sexuelle est beaucoup plus important que les autres, puisque 80 à 90% des mineurs ayant subi une agression sexuelle connaissent leur agresseur (enquêtes de victimisation – CESDIP). Ainsi, l'inceste est sous-dénoncé.

 

Et lorsque l'enfant parle, les adultes ont du mal à croire l’enfant du fait de la gravité des actes commis, de la peur des conséquences. Les adultes préfèrent parfois se taire aussi… Malheureusement, si l’adulte ne relaie pas la parole de l’enfant, il est possible que l’enfant se taise et n’en reparle plus, en se disant par exemple : "Si l’adulte ne dénonce rien, c’est que c’est normal, c’est que ce n’est pas grave". Les conséquences en seront d’autant plus dramatiques : l’enfant intègre une souffrance comme référence pour grandir.

C’est dans cette idée que l’Enfant Bleu agit en prévention dans les écoles, pour aider les enfants à développer leur confiance en soi et leur estime de soi pour oser répéter à d’autres adultes jusqu’à ce qu’ils soient crus. Il ne faut pas oublier qu’il faut énormément de courage à un enfant pour dénoncer
un adulte. L’Enfant Bleu propose également des prises en charge thérapeutiques gratuites pour les enfants victimes de maltraitance.



Pour en savoir plus :
L’Enfant Bleu – Enfance Maltraitée
Tél. : 01 56 56 62 62
Campagne d’information

Estimations des décès dus à la maltraitance et âges des victimes 

http://leplus.nouvelobs.com/…/175168-inceste-comment-faire-…

 

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Petite enfant
Pleure, pleure
Laisse couler
Laisse germer
Ton profond chagrin
Petite enfant
Pleure, pleure
Vide -toi 
Parle-moi
Petite enfant
N'aies plus peur
Tu n'es plus seule
A présent
Petite enfant
Ferme les yeux
Tes larmes font un lac bleu
Petite enfant
Tu as le droit
N'aies pas peur
Tu ne t'y noieras pas
Petite enfant
Laisse, laisse
Laisse couler les rivières
Laisse exprimer l'enfer
Petite enfant 
Dors, dors
L'une après l'autre
Tes larmes le repousseront
Le mauvais sort
Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

 

S’Il vous plait, ne restez pas insensible ! Lisez c’est un devoir ! Le Collectif féministe contre le Viol’’(CFCV) lance ce mois-ci une campagne pour lutter contre l’inceste…

 

S'Il vous plait, ne restez pas insensible ! Lisez c'est un devoir ! Le Collectif féministe contre le Viol''(CFCV) lance ce mois-ci une campagne pour lutter contre l'inceste...

http://www.youtube.com/watch?v=OnOKsOx3Tac On la voit se brosser les dents, apprendre à nager et à dessiner. "Cette enfant est comme la plupart des enfants, annonce la voix off. Sage, obéissante...Et pourtant, elle...

http://cestdanslairlemag.wordpress.com

 

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Tu vis dans un autre espace-temps
Là où se répétent à chaque instant
Les gestes que tu subis en te taisant
Tu es mon fantôme de petite ado
Tu hurles, tu pleures, tu as le coeur gros
Toi seule dans ce monde de verre
Personne ne peut te sauver de l'enfer
Je te sens là en moi te faire massacrer
Moi dans mon espace-temps je ne peux te sauver
Et je souffre et j'ai mal de savoir ce mal
Les caresses qui détruisent et cette boue qu'il étale
Je te ressens perdue, je me sens impuissante
Tu/je lui appartiens, tu/je meurs sous ses mains
A chaque seconde qui passe tout ton corps est souillé
Et je ne parviens pas à aller te chercher
J'ai mal d'être si sûre qu'il te détruit encore
Fantôme mort-vivant, cadavre d'une enfant
Personne ne peut le voir, mais je sais chaque soir
Qu'il s'empare de toi et te jette dans le noir
Pour briser l'espace temps il faut que je parvienne
A crier maintenant que ta douleur est mienne.

De Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

  

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jeune-femme-emmitouflée-pensive-triste

 

 

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Un-partisan-de-l-inceste-aux-assises

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Ne restez pas indifférents. Soyez à l'écoute de vos enfants. Surveillez leur comportements, leur attitude. 

PARCE QUE L'ENFANCE EST INNOCENCE. SE TAIRE C'EST SE RENDRE COMPLICE !!! ...

 



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Dans l'obscurité de la nuit
Une petite fille pleure en silence
Alors que son enfance est meurtrie
Elle a perdu son innocence .

Ou est passée son ame d'enfant ?
A tout jamais on la lui a volée .
Que font les grands pendant ce temps,
Qui sont censés la protéger ?

Son esprit s'évade mais son coeur est maussade .
Parfois elle aimerait pouvoir s'envoler,
Pour une éternelle balade,
Là ou plus personne ne la ferait pleurer .

La petite fille croit en ses reves
Malgré le monstre qui l' a salie
Mais au fond d' elle elle en crève
De ces secrets toujours maudits .

Sa souffrance est un mur de silence
Qu' elle aimerait voir se briser
Un jour elle savourera sa vengeance
Quand de ses mains elle l' aura tué .

http://aivi.org/autres-tem…/76-oeuvres-choisies/968-771.html

  

 

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Petit coeur au bout du rouleau
Supplie pour un peu de repos
Pouvoir souffler et respirer
Etre consolé et bercé
P'tit coeur qui saigne de douleur
S'étouffe lentement avec ses pleurs
Besoin de bras qui le soutiennent
D'une épaule pour confier sa peine
P'tit coeur au moral à zéro
Rêve d'enfin sortir du chaos
Vivre et chanter, rire et blaguer
Découvrir qu'on aime respirer
Mais petit coeur a peur
Il est très fatigué...
Epuisé, ne sait plus
S'il pourra patienter
Le temps est tellement long
Et p'tit coeur tellement lourd
Ecrasé de souvenirs et d'envie de mourir
Ouvrez donc grands vos bras
Pour qu'il puisse s'y blottir
Ce p'tit coeur terrifié
D'avoir vécu le pire...


Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

 

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Oui je te parle, libère-moi
Tu es mes mots, tu es ma voix
Notre âge diffère mais tu es moi
Ecoute-moi et libère-moi
Terrée en toi toutes ses années
Pleurant en toi mais baillonnée
J'étouffe, je meurs, et j'ai si mal
Ce qu'on m'a fait n'est pas banal
Oui toi, entends-moi, libère-moi
Tends l'oreille de ton coeur vers moi
Ecoute mes souffrances et mes cris
Qui sont le récit de ta vie
On a grandi l'une avec l'autre
Tu as voulu faire croire aux autres
Que j'étais morte ou bien menteuse
Et en ton âme ma tombe se creuse
Dans tes sourires de papier glacé
Tu as si bien su les tromper
Toi comédienne et moi plus rien
Survivre en niant mon chagrin
Mais je suis là moi, et je hurle
Je tape, je casse, en toi remue
Je te transmets angoisse et peur
Pour faire éclater ma douleur
Oui tu as peur quand je te parle
Tu te défends , tu sors les armes
Tu es perdue tu respires mal
Souffle court d'une douleur bestiale
Mais je suis forte sous ma douleur
Et je m'impose dans ton malheur
Je profite d'une inattention
Et je reviens crier mon nom
Oui tu souffres quand moi je crie
Il t'a fait mal à toi aussi
Mais n'aies pas peur, car dans mes cris
Il y a la force de notre vie
Ecoute moi et entends moi
Parle moi et cajole moi
Je sais que quand je peux tout dire
Tu te libères même du pire
Pour que je grandisse comme toi
Que tu guérisses à travers moi
Tu es mes mots, tu es ma voix
Alors je t'en prie libère-moi
Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

 

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Hurler les sentiments si forts
La douleur noire comme la mort
Hurler les gestes de l'inceste
Crever d'un mal sombre comme la peste
S'ouvrir le coeur pour le vider
De tout ce qui a été souillé
Vomir l'âme et le corps blessé
Sortir la lame du coeur percé
Sentir cette sourde souffrance
Crier les mots mais en silence
L'esprit prêt à voler en éclats
Sous une torture qui ne finit pas
Dans mon être, Petite Ado se cogne
A toutes les portes ses pleurs raisonnent
Elle répète sans cesse qu'elle a mal
Blessée, farouche comme un animal
Le monde deviendra sourd et va bientôt trembler
Devant sa bouche fermée hurlant son cri muet

Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

 

 

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Entends-tu le cri du silence
Les sons muets de ma souffrance
Comment te dire mon lourd secret
S'il ne vient pas à décéder
Maman ça fait mal dans le coeur
Maman c'est une sourde douleur
Un jour comme ça il m'a touché
Et dans le vide je suis tombée
Maman tant de honte m'habite
Je voudrais que la vie le quitte
Et te dire enfin mon chagrin
Te partager ce dur destin
Maman regarde dans mes yeux
Le ciel n'y est plus jamais bleu
Seul s'y reflète un orage
Grondant au coeur de mon carnage
Maman c'est lourd ça fait si mal
Ca me détruit c'est infernal
Etre près de toi et me taire
Et le voir lui se satisfaire
D'une vie si tranquille et calme
Pendant que mon âme est en larmes
Maman il a posé ses mains
Sur le corps nu de ton bambin...
Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

 

 

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Quand ce qui est si simple
Devient si compliqué
Quand le coeur veut s'enfuir
Pour quelque chose qui plaît
Quand ce qui fait le bonheur
Est vécu comme une terreur
Quand un petit bisou
N'inspire que le dégoût
C'est qu'elles sont là
Séquelles, puissantes et cruelles
La blessure saupoudrée de sel
Réactions affolées d'une âme torturée
Séquelles, angoisse, peur
Voir le champ de désolation
Que l'on ressent au plus profond
Quand la douceur de la vie
Nous alarme et nous terrifie

Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

  

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Au fond d'un gouffre infâme
Elle crie, elle pleure, elle hurle
De ces plaintes inaudibles et terribles
Douleurs muettes et indicibles
Une bête qui se meurt, ou un bébé qui pleure
Elle geint d'une douleur qui en plein coeur l'atteint
Déchirante, lancinante, inquiètante
Surgissant de nulle part , quand elle est dans le noir
Petite fille couverte de boue
Petite fille au fond du trou
Dans la pénombre de son gouffre
Enfant-sauvage, enfant qui souffre
En guenilles, à genoux, petite fille
Tête baissée, regard vide, petite fille
Couverte de blessures et de morsures impures
Pleine de sang séché et de larmes emmêlées
On ne la voit pas, c'est trop noir là-bas
Mais oui on entend comme un gémissement
Qui sort de son corps, qui sort de son âme
Comme une bête hurlante
Piégée dans les flammes.
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http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

  

 

Peut-on tout pardonner ? 

 

PhiloLog

" Vous l'avez appris, il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui l'autre aussi. [...] Vous l'avez appris, il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu pourras haïr ton ennemi.

http://www.philolog.fr

 

Michelle d'Astier de la Vigerie - Pardonner l'impardonnable

(Note Michelle d'Astier: Il est intéressant de voir le nouvel éclairage qu'apporte la Parole de Dieu par rapport aux écrits d'un psychologue renommé. Cela élève le débat à un tout autre niveau !) Note: Les textes écrit en retrait, italique et rouge sont des commentaires ou des citations bibliques qui ne font pas partie du livre.

http://www.michelledastier.com



Le pardon pardonne seulement l'impardonnable

Si l'on ne pardonnait que le pardonnable, il n'y aurait pas de pardon. C'est l'impardonnable qui appelle le pardon. Face au pire crime, à ce que le langage religieux appelle le

http://www.idixa.net

 

Comment pardonner l'impardonnable?

Les êtres humains sont capables de se faire beaucoup de mal les uns aux autres. À grande échelle, guerres, invasions, oppression, extermination. À titre individuel, meurtre, viol, séquestration, mais aussi mensonge, trahison, abus de confiance. Comment ne pas être dévoré par la rancœur? Comment restaurer des relations dans de pareils cas?

http://www.questionsuivante.fr



Pardon - Pardonner

Violence, humiliation, trahison, perte d'un être cher... Même si l'on a beaucoup souffert, il faut pardonner. Pour soi. Pour se délivrer de sa dette de haine. Un cheminement intérieur en six étapes, proposé par de plus en plus de thérapeutes américains. Je ne leur pardonnerai jamais !

http://www.psychologies.com

 

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Derrière la vitre lézardée
Je t'aperçois
Ton coeur livide et dévasté
Ses mains sur toi
Par transparence derrière le mur
Je sais qu'il y a 
Chaque minute de ta torture
Ses mains sur toi
De l'autre côté du miroir
Là j'aperçois
L'étendue de ton désespoir
Ses mains sur toi
Je vois tes lèvres remuer
Comme pour me dire
Je t'en prie, viens vite me sauver
Je vais mourir
Derrière le verre de sang tâché
Je t'aperçois
Tu es en train d'agoniser
Ses mains sur toi
Ton regard se vide et se perd
Tourné vers moi
Je te vois subir l'enfer
Ses mains sur toi
Ta tête qui vacille et puis tombe
Ses mains sur toi
Ton corps nu dans la pénombre
Et tous ses doigts
Tentacules qui te massacrent
Pauvre de toi
A travers mon coeur lézardé
Je t'aperçois
Et j'ai si mal, je reconnais
Cette peur en toi
Le miroir n'était pas brisé
Toi c'était moi...
Ses mains sur moi.....


Opale

http://forum.doctissimo.fr/…/poeme-inceste-opale-sujet_2510…

 

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https://www.youtube.com/watch?v=me-cTBrob8I

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Le chemin est long, très long vers la guérison. Cela fait 28 ans que j'y travaille. Pour moi il n'y pas qu'un seul protagonistes, il y en avait cinq.

Quatres frères et un père. Pardonner, je l'ai fait pour certains, les autres, à l'heure d'aujourd'hui, je n'y arrive toujours pas. Ce n'est même pas 

encore une option ... 

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